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Musique : Une interview de Pablo U-WA
Star montante du reggae, Plabo U-Wa fait une entrée des plus fulgurantes sur le marché discographique avec son nouvel album intitulé « unité », une œuvre qui présage d’un franc succès.
Nous l’avons rencontré à Paris et c’est volontiers qu’il s’est prêté au jeu de nos questions.
NA : Bonjour Pablo U-WA. Pour nos lecteurs, pouvez-vous vous présentez,

P U-Wa
Je suis Pablo U-WA, artiste reggae ivoirien. Je vis en France depuis vingt ans et je pratique ce métier depuis que je suis ici.

NA : Combien d’albums avez-vous à votre actif ?
P U-Wa : J’ai trois albums à mon actif. A cela, il faut ajouter les nombreuses compilations que j’ai réalisées avec d’autres artistes.
NA : Dans quelles conditions avez-vous réalisé votre nouvel album « UNITE » ?
P U-Wa : Pour répondre à cette question, je ne trouve pas opportun de m’étaler…Toutefois, je tiens à signaler qu’il s’est fait dans un esprit convivialité, de respect et de simplicité. En matière musicale, ça été pour moi une expérience formidable. En effet, j’ai rencontré des gens qui m’ont fait confiance et qui se sont investis pleinement dans cet album.

NA : Les gens dont vous parlez ainsi, qui sont-ils ? Est-ce des Ivoiriens ou des Africains ?
P U-Wa : Je voudrais parler des producteurs qui travaillent avec moi aujourd’hui, c’est-à-dire :
- Dinosor Records
- Studio JAVA
Je ne manquerai pas tout naturellement de parler des musiciens ont participé de façon gracieuse à la sortie de ce produit.

NA : Il y a donc lieu de saluer cette solidarité entre vous, musiciens ?
P U-Wa : Vous savez, l’artiste (surtout reggae) a besoin de cette solidarité-là. Car en France, en dépit de ce qu’elle fut dans un passé non lointain, la musique reggae est isolée et maintenue en marge du mouvement du show-biz artistique et musical. On a cette horrible impression que tout est fait pour ternir ses lettres de noblesse. Vu sous cet angle, on comprend aisément que les artistes reggae ont besoin d’être solidaires…Et cette solidarité doit être pour cette musique une vitalité, un souffle nouveau susceptible de lui donner la chance de reconquérir le terrain perdu.

NA : Pour revenir à l’album « Unité », qu’est-ce qui le diffère des précédents ?
P U-Wa : C’est sûr que le passé nous sert d’expérience. Je travaille dans un sens évolutif. Cet album est donc un concentré d’expériences acquises et mises à profit pour garantir à ceux qui écouteront mon CD une meilleure qualité musicale. C’est donc naturellement vrai que mon nouvel album diffère des précédents. Et je laisse le public apprécier.

NA : Vous conviendrez qu’un travail techniquement réussi n’est pas, malheureusement, le gage d’un succès commercial. En ce qui vous concerne, tout semble aller de pair, car, « Unité » passe déjà sur quantité de radios et votre clip défile fréquemment sur M6. Avez-vous un réseau promotionnel particulier ?
P U-Wa : Non, je n’ai pas un réseau particulier. Le réseau a toujours existé. Faire passer son clip sur M6 ne devrait, à priori, être quelque chose d’impossible…Toutefois, l’artiste doit avoir un projet et pouvoir le défendre partout où il voudra entrer. La non prise en compte de cette donnée fait que beaucoup d’artistes africains, et non des moindres, resteront à la marge, confinés dans leur environnement d’origine…En ce qui me concerne, tant que je tiendrai compte des exigences du métier et des circuits promotionnels, j’aurai toujours le soutien de M6, du moins je l’espère.

NA : Où peut-on trouver votre dernier CD ?
P U-Wa : Chez tous les bons disquaires et dans toutes les FNAC de France.

NA : Avez-vous des tournées ou un concert en vue ?
P U-Wa : Bien sûr. Tout cela est entrain d’être mis en place. Vous pouvez déjà noter que le 29 octobre 2005, il y aura un grand festival de reggae organisé en partenariat avec la ville de Noisy-le-Grand. Ce sera à la salle « Michel Simon ». Je serai là, comme organisateur et comme artiste. Alors venez-y nombreux, c’est votre concert, ne le manquez pas.

NA : Pour finir, dites-nous à quoi fait allusion le titre « Unité » ? A l’unité africaine ou à celle de votre pays, la Côte-d’Ivoire, divisée depuis septembre 2002 ?
P U-Wa : Je n’ai pas inventé le mot. Beaucoup de reggae-men l’ont employé avant moi. Si je comprends bien, on ne parle pas d’un pays. Si on devrait parler d’un pays, ce serait alors l’Afrique prise dans son ensemble. Car le souhait de tout reggae-man est que l’Afrique devienne aujourd’hui un pays. C’est donc l’Unité africaine dont il est question d’emblée. C’est à ce prix qu’on peut parvenir à lutter contre ces divisions intestines qui polluent et ruinent à présent l’Afrique.
En tant qu’Africain, je ressens cette douleur que j’exprime à travers cet album « Unité », qui est à écouter et à comprendre. Au peuple de Côte-d’Ivoire, je dis toute ma compassion tout en l’assurant de mon soutien dans sa recherche de solutions pour ramener, dans la dignité, dans la légalité et la plénitude de sa légitimité, la paix chez-nous.

Propos recueillis par Patrice AGBO

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Vendredi 30 Juillet 2010


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