>


Google

Referia.com: Référencement de votre site Internet pour seulement quelques euros
Citoyen du monde ou perdu dans le monde
La rhétorique d’usage chez les africains, pour justifier une posture qui par son manque de repères, interroge sur la conscience d’une condition d’aliénation ou d’un complexe d’héritage colonial se nourrit de la notion très à la mode de “citoyenneté du monde”. Il est manifeste que des pseudo indépendances des pays du continent à présent, la masse populaire n’a jamais su ou même pu s’émanciper de la situation de totale domination qu’elle subit. Un lavage de cerveau nous a permis d’assumer moins durement notre ignorance en la remplaçant par cette notion (citoyen du monde) devenue implacable du fait de son usage systématique. Cette chimère, la pseudo citoyenneté du monde est un bien bel éventail qui nous évite de faire face, d’accepter un état de fait dont on a dans une certaine mesure conscience du caractère dégradant et méprisant. On a donc pour cela jamais pu se poser la réflexion juste, appelant des réponses adaptées pour espérer nous défaire de la mentalité de dominé qui nous accompagne depuis des lustres, et avec laquelle on s’octroie le statut d’ « inférieur » dans notre rapport à l’autre. L’Afrique dans son vécu, des parties de son histoire ou elle s’est trouvée au contact des cultures différentes, s’en est toujours sortie avec des traumatismes dont elle est encore très loin d’avoir commencé à se soigner.
La colonisation par exemple a permis de conditionner l’africain dans un mode de fonctionnement et de pensée où il s’exprime par la négation de sa personne, de son histoire, de ses valeurs, de sa culture, par le refus de s’assumer dans son être et dans ses valeurs. Tout ce qui fait l’essence même de sa personne est de son point de vue arriéré. Tout ce qui le constitue et avec lequel il s’est réalisé dans le temps, tout le contenu de sa civilisation n’est en rien digne de la condition d’être humain. Cette dernière reste pour nous une aspiration à laquelle nous devrions accéder par accommodation et par conformisme des règles d’existence qui nous sont définies ou plus juste encore prescrites. L’assimilation de cette mauvaise opinion de nous même, nous emmène à une démarche existentielle se faisant au travers de ce qui nous viens d’ailleurs et qui est supposé être la référence. Cette forme d’inconscience dont nous faisons preuve vis-à-vis de notre état de conditionnement témoigne simplement d’un manque chronique de lucidité et de sens critique en rapport avec notre véritable place dans le monde aujourd’hui. Elle est à la mesure de cette situation lamentable et pitoyable que nous vivons en plus avec une fierté tout à fait déplacée et complètement malsaine. Quand elle n’est pas totalement intégrée comme aboutissement du processus de franchissement du seuil de la condition humaine, cette fierté traduit alors le nécessaire, et même l’indispensable espoir entretenue par l’idée d’une possibilité d’accès à une culture supérieure, plus évoluée et dont l’atteinte consacrerait notre sortie des Abymes desquelles nous nous sommes toujours trouvés. Ce besoin effréné de transformation, cette quête inlassable d’une condition moins animale qu’on doit mériter au terme de la refonte de notre éducation, part de notre propre acceptation de la non appartenance à la communauté des hommes civilisés, et s’accompagne tout son long du même sentiment. Nous vivons donc une profonde crise intérieure dont on n’entrevoit l’issue que par la définition d’un idéal ayant pour vocation de nous guérir de notre mal récurrent. C’est de cette façon que le but ultime de notre existence, dans la recherche des valeurs humaines nous faisant défaut, elles aussi rattachées à une pseudo notion d’universel, s’est résolu à soutenir mécaniquement, selon les schémas imprimés dans notre subconscient, la comparaison entre nous et les autres en tant que entités d’expression de cultures différentes. Le monde occidental auquel nous faisons directement face par la force de l’histoire est le plus concerné dans cette relation, ou nous sommes complètement investis dans la promotion des ”valeurs” qui nous sont complètement extérieures, et qui ne font l’objet d’aucun consensus. Il est question de rétablir le décalage naturel qu’entérine notre vision verticale des relations entre peuples, et qui nous situe au bas de l’échelle des civilisations, en se conformant aux valeurs définies par les autres. Le processus fonctionnant par le double mécanisme d’assimilation et d’auto dévalorisation.
Cette attitude se décline sous deux aspects qui se révèlent selon la catégorie de personne qui use de ce schéma de fonctionnement dans son rapport à l’autre. La première, véritablement aliénée, est en effet dans une relation de dominant - dominé ou la démarche a un caractère vraiment réparateur de ce qu’il intègre dans son esprit comme étant une erreur de la nature nous ayant établi dans une position décalé des hommes civilisés. Le second dans une démarche beaucoup moins assumée, très certainement parce que plus lucide, plus en face de la réalité, opportuniste, trouve en cela une attitude réaliste et pragmatique lui permettant de retourner le système à son avantage et de profiter ainsi des règles lui étant à tous points de défavorables. Le fait est que dans les deux cas, le bateau continue de sombrer, et très lourdement. La réalité de la condition de l’Afrique nous renseigne sur l’efficacité de cette approche de positionnement dans notre rapport à l’autre. De mon point de vue, la construction d’une entité commune dans laquelle se rassemblerait tous les peuples de la terre sur les bases d’une relation égalitaire est une utopie compte tenu de l’histoire de l’Afrique, de sa situation actuelle, des raisons de sa dite situation et du cours de évènements. Il est un besoin vital qui nous colle à la peau, c’est de faire face à la réalité.
La citoyenneté du monde telle qu’elle est admise par les africains s’appuie sur une idée de non attachement à des particularités. Che z eux, la notion d’existence déterminée par un ordre défini par une communauté, de quelque type qu’elle soit n’a pas valeur de base constructrice de rapports humains sains. Cet ordre qui est pourtant en rapport avec notre appartenance à un groupe de personnes partageant la même histoire, la même culture et dans une moindre mesure la même idée de sa projection dans le futur. Le propos est donc clair et ne souffre d’aucune ambiguïté, on est d’abord citoyen du monde avant d’être africain. On est d’abord africain avant d’être Swahili, Bantu, Mandingue ou Yoruba. La négation des sous structures plus ou moins différentes en soit sur lesquelles s’échafaude une supra structure donne l’illusion de l’accession à la modalité appropriée pour réaliser l’idéal du rapprochement fraternel des hommes dans la perspective de la réalisation d’un nouvel ordre satisfaisant au besoin des êtres humains de vivre dans le respect de l’autre, dans la paix. Le mode de pensé qui découle de cette conception de la valeur des particularismes établit un ordre de priorité inversé. Il dépouille l’identité culturelle de toute son importance et la fait apparaître comme contrariant l’élan de découverte de l’autre. L’idée de citoyenneté du monde apparaît donc pour les africains comme le moyen établissant un processus par lequel ils trouveraient à l’Afrique une place dans un concert des nations ou elle n’a jamais fait l’objet de la moindre attention, ni de la plus petite considération. Ce processus passe par la dissolution des identités qui consacrent la rencontre des peuples et de laquelle naîtrait une humanité complètement apaisée, guérie de tous ses maux actuels. L’adhésion à ce type de conception est la marque de sa participation à la noble l’entreprise de changement du monde, idéal de tout homme civilisé. Mais ils sacrifient à l’autel de cette ambition à laquelle s’additionne une idée très erronée du rapport de l’Afrique au monde, les différences et toutes les richesses dont ces dernières sont le parfait garant.
La construction européenne bien que plus concrète, est dans le principe et à une échelle plus réduite, une aspiration du même type que celle dont est née des idées de citoyenneté du monde ou encore de communauté internationale. Si dans le fond, elle rallie à sa cause des convictions très fortes, elle suscite par contre sur la façon dont elle se concrétise sur la forme, des oppositions qui ébranlent énergiquement la sérénité à laquelle elle a très certainement aspiré pour son évolution. Jean Pierre Chevènement en pense par exemple que, je cite : “L’intérêt supranational de la construction européenne ne doit pas se faire sur les décombres des différentes nations constituées”. Cette réflexion à valeur d’exemple car elle s’applique naturellement à la démarche qui nous fait subir la rencontre avec l’autre. Cette démarche proposée aux africains, et à laquelle ils adhèrent avec un assentiment quelque peu naïf, marquant leur approbation sans une lecture personnelle de la situation. La pensée de J. P. Chevènement nous intéresse dans le sens ou elle défend, puis fait de la différence et de l’originalité, c'est-à-dire des identités le matériau de construction d’une base solide de soutient à l’entreprise d’édification d’une structure supérieure. La subtilité qui échappe aux africains dans leur échange avec l’autre c’est la conscience de la valeur de la différence et de l’originalité qui, seul leur garanti une présence indépendante, affirmée et prise en compte dans un espace partagé. En effet ce qui nous différencie et qui nous distingue de l’autre est ce sans quoi la rencontre et la construction d’un rapport avec lui ne serait qu’une entreprise désespérée, voué à l’échec. Dominique Franche, en parlant de la structure sociale qui n’est que le résultat d’un consensus culturel, le montre très bien dans son livre Généalogie du génocide Rwandais. On peut lire par exemple que “Le tissu social se noue dans une large mesure à partir de la différence, en raison du lien que crée la division, (…) Pour qu’une société puisse se définir, pour que ses membres soient en mesure de s’identifier, il faut un autre”. Et cela peu être étendu à la notion de citoyenneté du monde qui, prise sous son aspect dépourvu de toute velléité d’aliénation d’une partie, implique un nouvel espace économique, politique et culturel en particulier auquel se rattache cette idée, qui soit consensuelle, sans l’exigence prescrite de se défaire de ses valeurs. Ce besoin de plaire fait consentir culturellement à l’Afrique un sacrifice d’un prix inestimable, très largement hors de mesure d’une quelconque compensation....lire la suite

EPE

Messagerie


Pour être averti par e-mail dès qu'un nouvel article est mis en ligne, vous pouvez vous inscrire ici.
Lundi 06 Février 2012


Referencement automatique
Referencement gratuit
Referencement internet
http://www.referencement-automatique.net




positionnement publicitaire
référencement naturel
referencement publicitaire

Valid CSS!


[Accueil|Editorial| Qui sommes-nous?| Politique|Economie|Tribune Libre| Sport|Culture|Société|Service]

©2004 NOTRE AFRIQUE. Pour toutes remarques ou critiques, veuillez adresser un courrierel au webmaster . Ce site est hébergé par Infomaniak NETWORKS.