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COTE D’IVOIRE : est- ce bientôt la fin du G7?
Le Président Bédié, dans une interview accordée à une radio internationale, vient de prendre le contre-pied du RDR et des rebelles en prenant acte de l’avis du médiateur Thabo Mbeki sur les ordonnances prises par le Président Gbagbo. S’estimant satisfait sur les deux points qui lui paraissent les plus importants, à savoir la nationalité et la Commission Electorale Indépendante(CEI), il a même annoncé son retour au pays pour la fin août au plus tard et cela, quelles que soient les conditions de sécurité.
Le RDR, qui avait montré son agacement devant la tournure prise par les évènements et avait même menacé à mots à peine couverts de récuser le Médiateur de l’Union Africaine, l’accusant de partialité, est brutalement rappelé à la réalité du combat politique. Ses revendications maximalistes ont fini par indisposer le président Bédié qui est bien conscient que celles-ci ôteraient, si elles devaient être toutes satisfaites, toute possibilité à son parti, le PDCI, et à lui-même, d’accéder à nouveau au pouvoir. Or l’union des Houphouëtistes ne signifie pas nécessairement leur unité car les intérêts des uns et des autres restent profondément antagonistes. Ils sont certes d’accord pour faire tomber Gbagbo mais chaque parti pense surtout arriver seul au pouvoir ou à tout le moins, voir le Président de la République issu de ses rangs.
Sur la question de la nationalité par exemple, que le Président Bédié considère aujourd’hui comme réglée, le RDR n’a aucune raison d’être satisfait puisque ce qu’il revendiquait surtout, c’était que les étrangers visés par les accords de Marcoussis soient automatiquement naturalisés et relevés des incapacités prévues par la loi et rappelées par le Président Gbagbo dans les ordonnances qu’il a prises. Il comptait surtout grossir ainsi les rangs de ses partisans avant les joutes électorales.Gené aux entournures, ce parti a d’abord voulu quitter le gouvernement lors de la réunion de son bureau politique avant de se raviser et de choisir finalement de prendre une décision concertée avec les autres membres du G7 (Groupement de partis politiques et de mouvements armés). Mais il n’a pas eu le courage de poser à ses alliés la question du vote des naturalisés car il savait bien que le PDCI ne le suivrait pas. Ce parti avait déjà donné sa position sur ce sujet et elle ne souffre aucune ambiguïté. « Pas question que les naturalisés votent immédiatement » avait dit M. Dagobert Banzio au nom de ce parti lors des débats à l’Assemblée Nationale. Ils se sont donc finalement mis d’accord sur un minimum pour garder un semblant d’unité et continuer à enquiquiner Gbagbo.C’est ainsi qu’il faut comprendre la proposition de décret sur la naturalisation automatique des hommes étrangers qui épousent des Ivoiriennes. Mais Le Médiateur sud-africain, en déclarant conformes aux accords de Marcoussis les ordonnances prises par son homologue ivoirien, les a brutalement mis devant leurs responsabilités. Le Président Bédié, en décidant de prendre acte de cet avis et de rentrer au pays, a pris les siennes. Sera-t-il suivi par Ouattara et jusqu’où? Question à 1 million de francs CFA !
Le G7, est désormais menacé de voler en éclats et ce retour au pays de Bédié, s’il a lieu, pourrait certainement précipiter les choses car il risque d’isoler Ouattara. Ce dernier, qui a sans doute perçu le danger d’une telle situation, et sans doute aussi par peur des sanctions, a déjà opéré un changement d’attitude, laissant les rebelles seuls tenir la ligne dure. C’est ce que traduisent les propos de Sidiki Konaté quand il soutient que « Les Forces Nouvelles ne sont pas obligés d’avoir la même position que le RDR. »
Les rebelles sont cependant conscients que cela risque d’être intenable car un tel schéma a déjà été éprouvé en juillet 2003 quand, pour la première fois ils ont quitté le Gouvernement de Réconciliation Nationale, pour protester contre la nomination par le Président Gbagbo des ministres de la Défense et de l’Intérieur.
Le PDCI avait alors pris acte des décisions présidentielles, suivie en cela par la Communauté Internationale. Le RDR qui voulait absolument éviter un isolement de ses poulains, s’était alors agrippé au PDCI pour défendre ensemble une plate-forme de revendications concernant la délégation de pouvoirs aux ministres. Le résultat devait être de permettre à Soro et à ses condisciples de revenir dans le jeu sans perdre la face. Les rebelles avaient alors saisi cette perche qui leur était tendue, pour passer subrepticement de leur revendication initiale de dégommage par le Président Gbagbo des ministres déjà nommés à celle de « délégation de pouvoirs parfaite au premier ministre et aux ministres ». Devant la réticence et la pression de la Communauté Internationale, ils avaient entamé un périple diplomatique qui n’avait rien donné de glorieux si ce n’est la promesse de leur sécurité, négociée à Abidjan par le chef rebelle Dacoury -Tabley.
Nous sommes donc, à quelques détails près, dans la même situation ; sauf qu’ici, les revendications des rebelles ne sont pas directement adressées au Président Gbagbo mais au médiateur qui a déjà dit, redit et même écrit que ce dernier a fait sa part et dont la médiation a reçu le soutien officiel de la communauté internationale.
Le PDCI, qui s’est battu aux côtés du RDR pour obtenir la candidature de Ouattara, l’a dans le même temps privé du bétail électoral que ce dernier espérait et ne fera évidemment rien pour qu’il en soit autrement car il y va de sa propre survie. Il pense sans doute rafler la mise après avoir limité les chances de victoire de son allié de circonstance. Mais le mentor du RDR qui sait qu’il est «l’ une des solutions possibles quand toutes les autres ont échoué »pour parler comme le député français de droite Axel Poniatowski, n’a pas encore dit son dernier mot. Il fera certainement tout pour empêcher la tenue de ces élections, avec le soutien de la France qui semble avoir décidé d’en finir avec Gbagbo qui a pris tout le monde au dépourvu en allant trop vite dans le règlement des points de blocage. Les sorties du Général Doué et du Colonel Yao Yao sont loin d’être fortuites et ont clairement pour objectif de saboter la médiation sud-africaine et de créer un climat tel que la « libération du pays du régime dictatorial du Président Gbagbo » devienne une nécessité admise par l’opinion internationale. Le but de ces manœuvres semble être de créer les conditions d’une élection de Ouattara , porté à bout de bras depuis le début de la crise et même avant.
Les temps qui arrivent promettent donc une belle empoignade, y compris au sein du G7 qui est plus que jamais menacé d’implosion.Wait and see.
Alexis Gnagno

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Réactions des lecteurs
Posté le Lundi 16 Novembre 2009 à 02:52 par djzwkhrm
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Dimanche 20 Mai 2012


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