M. BANNY, considérez les souffrances des Ivoiriens, pas les ordres de M. CHIRAC
Il est temps, après trois années de crise, que les Ivoiriens se ressaisissent pour remettre eux-mêmes les choses en ordre.
Pour cela, ils doivent prendre conscience que quelle que soit l`immensité des richesses dont ils disposent, leurs conditions de vie demeureront des plus misérables si les troubles et les guerres persistent...
Une des façons d`en sortir est d`abord, pour chaque politique ou administrateur africain, de recouvrer une maturité politique, sociale et surtout patriotique. Autrement dit, l`administrateur ou l`homme politique, par rapport à sa communauté ou sa nation, doit être sans cesse un instrument très appréciable de la construction du bien-être des siens. C`est seulement à cela qu`il devra rester subordonné, quelle que soit l`excellence des relations qu`il viendra à tisser avec d`autres communautés extérieures. L`homme qui a acquis cette maturité sociale ne saurait se méprendre sur la rétribution qu`il attend de sa société. D`autant que celle-là n`est que la ou les conséquence(s) de dignes et loyaux services rendus à sa communauté, à sa nation sinon à son Etat.
A partir de ces constatations, l`activité politique ne devrait s`exercer que sur un champ d`honneur, de dévouement et de loyauté envers les siens. Ainsi donc, la compétition politique entre différents membres d`une communauté ne devrait être que l`expression de leurs prétentions respectives à être les plus à mêmes de servir les intérêts de ceux dont ils sollicitent le suffrage.
La maturité politique découle de la compréhension de cette réalité. Comprendre qu`en toute compétition il y a un gagnant et un perdant est une maturité. Laisser le vainqueur réaliser son programme dans le temps qui lui a été imparti est aussi un signe de maturité politique et démocratique. Le respect des échéances électorales doit de ce fait être un impératif, tant pour ceux qui sont dans l`opposition que pour ceux qui sont au pouvoir.
Or, la plupart du temps, l`accession de l`opposition au pouvoir est impossible à causes des manoeuvres antidémocratiques de certains gouvernants. Les orifices naturels étant ainsi bouchés, l`accouchement se fait très souvent, de ce fait-là, dans la douleur : la "césarienne" ou les guerres civiles.
Ces troubles, nous les vivons continuellement en Afrique.
Ils sont le fait de certains politiciens assoiffés de pouvoir et d`argent. Des gens qui ne pensent qu`à eux seuls. Pour un fauteuil présidentiel, ils se mettent au service de puissances étrangères pour déstabiliser leur propre pays. C`est en cela que de tels hommes manquent de maturité patriotique. Celle-ci peut se définir comme la conscience chez un individu que sa patrie est hors de tout commerce....
Mieux, il pose comme valeur suprême la souveraineté de son Etat et veille à ce qu’aucune une atteinte injustifiée et déshonorante ne lui soit portée.
Au regard des actes posés par les politiciens ivoiriens et plus généralement africains, nous sommes malheureusement loin de la maturité sus-définie.
Pour trouver une issue favorable à la crise ivoirienne, M. Banny doit par conséquent faire preuve de cette maturité-là, et tourner ses oreilles vers les soupires et les gémissements des Ivoiriens meurtris plutôt que de jouer au porteur de valises de Chirac, ce monsieur qui n`a fait que trop de mal partout en Afrique.
Patrice AGBO
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