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Côte d'Ivoire: une paix si proche et si lointaine !
Au 31 octobre prochain, les Ivoiriens devraient avoir élu un nouveau président de la république, au terme d'une élection que l'on présume juste, transparente et ouverte à tous.
A six mois de cette échéance capitale, tout concourt-il à faire revenir la paix en Eburnie, ou existe-t-il, plus que jamais, des risques d'une nouvelle confrontation armée susceptible de faire basculer le pays dans une violence sans lendemains ?
Les Accords de Linas-Marcoussis prévoyaient le désarmement sans conditions des belligérants et la mise en oeuvre d'un certain nombre de réformes politiques devant aboutir à des élections sans exclusive. Au nom de la paix, le camp présidentiel, de l'avis du président Thabo Mbéki, alors médiateur mandaté par l'Union africaine, fit les concessions même les plus inattendues, telles que l'utilisation de l'article 48 de la Constitution, à l'effet de rendre éligible Mr Alassane Outtara. C'est sur la base du compte rendu de Monsieur Mbéki que l'ONU produisit la résolution 1633 qui prévoit, elle aussi, le désarmement sans conditions des rebelles et des milices progouvernementales.
Un Nouveau Premier ministre, Monsieur Charles Konan Banny, a été nommé, car le précédent, Monsieur Seydou Diarra, alors qu'il avait tout pour réussir à réunifier le pays et le conduire aux élections, échoua cependant. Son échec, certains l'attribueront à son incompétence, voire à sa collusion avec les rebelles, d'autres au refus de Gbagbo de le laisser travailler.
Mais cette fois-ci, on a donné à Monsieur Banny des pouvoirs tels que la Côte d'Ivoire a désormais tout l'air d'un Etat bicéphale.
Pourtant, à mi-parcours de son " mandat ", l'ex-gouverneur de la BCEAO - Banque Centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest - n'a toujours pas commencé à désarmer ceux qui devaient l'être. Les rebelles, qui ne sont jamais à cours de nouvelles revendications quand les précédentes ont été satisfaites, se disent désormais prêts à déposer les armes après l'identification des Ivoiriens et l'octroi des cartes d'électeurs à leurs combattants. Le camp présidentiel ne l'entendait pas de cette oreille-là, et comme pour échapper à l'impasse qui pointait l'horizon, l'Union africaine, par la voix du président congolais Denis Sassou Nguesso, a cru devoir imposer la concomitance du désarmement et de l'identification.
Or, cette préconisation n'a pas l'assentiment de la mouvance présidentielle qui ne voit pas comment il serait possible d'organiser des audiences foraines sous la menace des armes rebelles. A supposer que les membres du CNDR - Conseil National de la Résistance Démocratique - acceptent, une fois de plus, au nom de la paix, de laisser désarmement et indentification s'effectuer en même temps, tout porte à croire que les rebelles vont encore exiger de garder leurs armes jusqu'à la tenue des élections, desquelles ne devra sortir qu'un seul vainqueur possible : Alassane Ouattara. A cette seule condition, ils pourront enfin se laisser désarmer.
En réalité, tout ceci ne vise qu'à faire perdurer la situation jusqu'au 31 octobre prochain, puisque la Communauté internationale dit ne plus être disposée à prolonger le maintien de Laurent Gbagbo à la tête de l'Etat au-delà de cette date. Ainsi, ses adversaires - n'est-ce pas un euphémisme ? - n'attendront plus que le fruit soit mûr pour venir le cueillir après cette échéance-là !
A l'évidence, cette option, le CNRD ne l'acceptera jamais, convaincu que le président Gbagbo tient son pouvoir de la Constitution et qu'il restera en place aussi longtemps que de nouvelles élections n'auront pas été organisées dans des conditions acceptables par tous.
Tous les ingrédients sont donc en train de se mettre en place pour aller très prochainement au choc frontal entre la galaxie patriotique et les rebelles que la Communauté dite internationale sera obligée de soutenir de plus en plus ouvertement si elle veut se donner une chance de parvenir au départ du président Gbagbo.
Quelle en sera l'issue ?
Tout dépendra de la détermination des forces en présence. Mais une chose est sûre, le camp patriote risque de ne pas attendre le 31 octobre pour riposter à ce qui se trame contre lui. La paix paraît-elle alors si proche ou si lointaine ? Le temps nous le dira !
Arsène Ouegui Goba-Yougouri

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Vendredi 30 Juillet 2010


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