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Crise ivoirienne : les dessous du vide constitutionnel supposé
Après le 24 octobre 2005 ou, pour être plus rigoureux, 90 jours après cette date fatidique, s’il n’a pas été possible d’organiser les élections présidentielles, la Côte d’Ivoire se retrouvera-t-elle dans une impasse constitutionnelle, comme les adversaires politiques et/ou militaires de Laurent Gbagbo tendent de plus en plus à le créditer ?
Face à la polémique née de ce questionnement, le président de la Cour suprême, le magistrat Tia Koné a tranché : aussi longtemps que la Côte d’Ivoire ne recouvra pas son intégrité territoriale, le processus électoral ne pourra être initié, et le président Laurent Gbagbo sera purement et simplement maintenu à son poste jusqu’à ce qu’il soit possible, dans les conditions prévues par la loi fondamentale, d’organiser un nouveau scrutin présidentiel.
Sa position a le mérite d’être claire et, qui plus est, ne compte pas pour quantité négligeable, puisque, faut-il le rappeler, le territoire ivoirien aura beau être amputé de sa moitié nord, les institutions républicaines y fonctionnent normalement. Et c’est à Monsieur Tia que reviendra, le moment venu, la lourde responsabilité de dire le droit.
Les refondateurs et toute la galaxie patriotique auraient cependant tort de s’endormir sur leurs lauriers, car leurs adversaires, - n’est-ce pas un euphémisme ? – ont depuis longtemps échafaudé un plan visant à mettre la Côte d’Ivoire sous tutelle onusienne. Le débat sur le vide constitutionnel en est la première étape, et vise à semer le doute dans l’esprit des tenants du pouvoir, en ce qui concerne leur légitimité au delà de la date sus-mentionnée. Les sorties des Professeurs Wodié et Ouraga Obou, des exégètes du droit dirions-nous, s’inscrivent dans cette perspective. Comme pour corroborer tout cela, Laurent Dona Fologo ne disait-il pas qu’il n’y a rien de pire qu’un pouvoir ayant conscience de son illégitimité ?
Voici plus de deux ans que dure une tentative de coup d’Etat – fait rare - qui s’est jusque-là heurtée à la détermination des défenseurs des institutions républicaines. Malgré tous les Accords et Sommets sur la crise ivoirienne, les putschistes et leurs donneurs d’ordre continuent d’œuvrer sinon à l’élimination physique de Laurent Gbagbo, du moins à son éviction de son fauteuil avant le terme de son mandat.
S’ils n’y parviennent pas, alors entrera en application la deuxième étape du plan diabolique.
Il s’agira de susciter de grandes manifestations visant à exiger la démission de « l’illégitime » Laurent Gbagbo. Ainsi deux scénarii sont envisagés : soit le pouvoir abdique, en raison de l’ampleur de la contestation, mais surtout parce que, espère-t-on, les forces de défenses et de sécurité, maîtrisées par les forces dites impartiales, n’ont plus les coudées franches pour agir, soit le pouvoir mate les manifestations et face à l’hécatombe qui risque de survenir, l’Onu évoque le devoir d’ingérence humanitaire et prend désormais les choses en mains.
Après une période de transition, le temps de préparer le terrain, l’Onu organise les élections, et le présumé minoritaire Gbagbo est battu. C’est la fin de « l’imposture » !