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Crise Ivoirienne les raisons du « miracle » de Ouagadougou (4ème volet)
Le coup d’Etat qui conduit le général GUEI au pouvoir se fait sans effusion de sang, cela pour une raison essentielle : aucune dissidence n’est venue l’armée pour s’y opposer. Quant à la population civile, elle a accueilli la nouvelle avec soulagement. C’est dire à quel point le régime du président Bédié était détesté. On se souvient encore de son appel au peuple lancé depuis les antennes de Radio France Internationale, un appel resté vain.

A cette époque-là, la France, le principal partenaire de la Côte d’Ivoire, vit sous la cohabitation politique, avec un Jacques Chirac qui n’est plus qu’un président qui règne, le pouvoir étant réellement entre les mains de Lionel Jospin depuis la dissolution hasardeuse de l’Assemblée Nationale en 1997. Chirac avait souhaité l’intervention de la France à l’effet de rétablir l’ordre ancien à Abidjan, mais Jospin qui prônait une certaine rupture avec le Françafrique s’y opposa.
Le général Guéi prend donc les choses en mains et rassure les uns et les autres en promettant de ne pas se maintenir trop longtemps au pouvoir et d’organiser des élections justes auxquelles il ne participerait pas comme candidat. Il s’était juste assigné la mission de balayer la maison, en mettant fin, entre autres, au détournement des deniers publics.
Il met en place un gouvernement composé pour l’essentiel de membres de l’opposition significative (FPI et RDR) et de militaires. Mais pour une raison inconnue, il fait la part belle au R.D.R dans l’attribution des portefeuilles ministériels, ce qui provoque l’ire de Laurent Gbagbo, lequel menace de retirer ses ministres. « Si c’est un coup d’Etat du RDR, qu’on nous le dise », s’était exclamé l’ancien opposant. Le général rectifie alors le tir et préserve ainsi la cohésion de l’équipe gouvernementale.
Une commission est mise en place, chargée de la rédaction d’une nouvelle Constitution. C’est alors que l’ivoirité qu’on croyait chassée de l’arène politique avec fracas réapparaît avec la guerre du « et » et du « ou ».
Fallait il en effet, pour être éligible à la magistrature suprême, être de père et de mère ivoiriens ou être de père ou de mère ivoirienne ? Le général avait la lourde responsabilité de trancher sur cette question et à quelques jours du référendum du mois d’août 2000 il prend position en faveur du « et. ». A l’issue du scrutin référendaire, 86 % des suffrages s’expriment en faveur de l’adoption du nouveau texte. Pourtant le RDR le contestera. Ce sera la rupture définitive entre le général Guéi et Mr. Ouattara.

Alors qu’il avait jusque-là caché ses intentions, Robert Guéi annonce sa candidature à l’élection présidentielle d’octobre 2000. Il essaie en vain d’être le candidat du P.D.C.I, et c’est finalement sous l’estampille de candidat du peuple qu’il se lance dans la compétition. Entre-temps la Cour suprême a invalidé les candidatures de M. Bédié et d’ Alassane Ouattara.
Concernant le président du R.D.R, la Cour a motivé sa décision par le doute qui persisterait sur sa nationalité. Au final, la bataille électorale oppose Laurent Gbagbo et le général Guéi. Des rumeurs font état d’un accord secret entre les deux adversaires pour que la victoire revienne au chef putschiste. Tout se déroule dans le calme. L’issue du vote semble cependant favorable à Laurent Gbagbo. C’est alors que la Commission électorale est dessaisie de la proclamation des résultats et on annonce la victoire du général.
Aussitôt, le peuple, sans même attendre l’appel du candidat socialiste, se jette dans la rue pour s’opposer à cette imposture. L’armée tire sur les manifestants, les morts se comptent par dizaines, mais la mobilisation ne faiblit pas. Face à cette détermination, le général fini par abdiquer.
Au lendemain de cette victoire obtenue dans la douleur, victoire, le RDR, qui n’avait osé braver l’interdiction de manifester imposée par l’armée, lance à son tour ses manifestant dans la rue, cette fois –ci pour contester l’issue du scrutin favorable au natif de Mama.
La Côte d’Ivoire bascule alors dans une violence peu ordinaire. Les forces de défense et de sécurité parviennent cependant à rétablir l’ordre et le président Gbagbo, à qui elles avaient visiblement fait allégeance, prend les commandes de l Etat.

Arsène Ouegui Goba-Yougouri



Réactions des lecteurs
Posté le Lundi 13 Août 2007 à 02:59 par Kalipé Durand
On sent que vous voulez dire des choses intéressantes, mais votre comité de rédaction , si vous en avez un,est franchement nul et incompétent. Ecrivez un peu plus en français en respectant la ponctuation....

Posté le Samedi 29 Mars 2008 à 01:53 par gfwrgxj
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Samedi 05 Juillet 2008


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