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Politique ivoirienne: Où va Mamadou Koulibaly ?

Brillant professeur d’économie acquis aux thèses libérales, Mamadou Koulibaly entre sur le tard au FPI qu’il a contribué à convertir à l’économie sociale de marché. Ne le considère-t-on pas, à juste titre, comme l’idéologue de son parti ?

Pendant la courte transition politique survenue après le coup d’Etat du 24 décembre 1999, il détenait le portefeuille de l’Economie et de Finances lorsqu’intervinrent les élections présidentielles remportées par Laurent Gbagbo. Il aurait sans doute pu conserver son ministère dans le premier gouvernement FPI s’il n’avait pas effarouché la France avec l’idée de laisser flotter le franc CFA par rapport à l’Euro.
Président l’Assemblée nationale et de ce fait deuxième personnalité de l’Etat, il claqua la porte avec fracas pendant les accords de Marcoussis qu’il considérait comme un coup d’Etat ourdi par Chirac et ses sbires, aux seules fins de déchoir le président ivoirien. Aux arguments fallacieux de l’ivoirité, il avait jusque-là opposé, avec une constance rare, la volonté de la France de continuer à piller l’économie ivoirienne comme la raison principale de la crise qui frappe injustement son pays. Son refus de toute concession au camp adverse lui avait même valu le qualificatif de faucon parmi les faucons du régime.
Pourtant, dans une allocution publique récente, Mamadou Koulibaly, qui dit être fatigué par la crise, justifie désormais celle-ci par les problèmes identitaires et dénonce la peur des étrangers. Il préconise sans sourciller que les 2,7 millions personnes sujettes à contestation soient entièrement déversées dans la liste électorale. Cette position très personnelle est évidemment à des années lumières de celle défendue par son parti, le Front populaire ivoirien. On peut spéculer à loisir sur les raisons de ce grand écart, mais cette posture nous parait dangereuse pour le retour à la paix. Par ses préconisations, le président l’Assemblée nationale appelle en effet au viol de la loi fondamentale, car seuls les Ivoiriens, sous certaines conditions, sont éligibles et électeurs. Alors pourquoi vouloir faire voter des individus dont la nationalité ivoirienne n’est pas encore indiscutablement établie , au risque de fausser le résultat du scrutin ? Va-t-on, au nom de la paix et sous le prétexte de l’intégration africaine, provoquer des situations qui risquent de créer d’autres frustrations et nous ramener à un autre conflit ?
La démocratie impose des règles. Il importe par conséquent à ceux qui s’en revendiquent de commencer par les respecter. N’est –ce pas Monsieur le président ?


Arsène Ouegui Goba-Yougouri





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Lundi 06 Février 2012


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