La France … en république bananière ?
« Cinquante ans en arrière, il serait impensable de comparer la France, la grande France à une république bananière ».
Cette réflexion a été faite par un nostalgique de la période coloniale. A cela, nous avons rétorqué que la France était grande parce qu’il n’y avait que des petits tout autour d’elle ; mais que les petits ont grandi à leur tour. Se faisant, ils ont mis à nue, les imperfections de la France. Notre interlocuteur n’a plus rien dit. Il s’est contenté de dire : « vu sous cet angle, vous avez raison ».
De quoi s’agit-il exactement ?
Il s’agit de recenser les élucubrations de la France politique, mais aussi de la France sociale des cinquante dernières années. Le regard que nous utilisons est celui d’un français issu de l’immigration en provenance d’un pays ex-colonial. Il rentre dans la république française avec ses complexes mais aussi avec le relent civilisateur que la culture française de son enfance lui a légué.
Le général De Gaule, mit fin à l’époque coloniale, puis se retira plus tard en 1969. Un an plus tôt, le désordre avait déjà commencé à s’installer avec les idées des soixante-huitards. Le déclin de la France était dès lors programmé. Les vieux de la vieille France, disparaîtront définitivement avec le président Mitterrand.
A partir de 1995, le déclin devient inéluctable au plan politique comme au plan social.
1) Au plan politique.
La dégringolade s’est accélérée avec l’arrivée au pouvoir de Jacques Chirac. Faut-il énumérer le chapelet d’indices attestant de l’importance de la chute libre des valeurs de la France ? Qu’il nous suffise de citer quelques cas. De prime abord, Jacques Chirac trahit son allié Giscard D. et favorise l’élection de François Mitterrand. Ensuite, depuis son arrivée à la mairie de Paris, des coups tordus se succèdent et le suivent jusqu’à son entrée au palais de l’Elysée. Son deuxième mandat est rendu possible par la grâce de Jean-Marie Lepen. Autrement dit, s’il avait été opposé à Lionel Jospin, il serait battu à plate couture… Pour conclure son chapitre de coups tordus, sa majorité vota une loi qui sauvera provisoirement la tête du président. On ruse avec les infractions qui pourraient le faire jeter en prison. Il est poursuivi entre autres pour des emplois fictifs à la mairie de Paris, pour détournement et abus de biens publics (soit deux millions de francs en liquide) pour ses voyages à l’étranger avec sa famille etc. Dans un premier temps, on lui institue un parapluie dû à son rang. Ensuite, le temps ne suspendant pas la procédure pour les infractions commises en tant que maire, quand son mandat de président prend fin, il est trop tard pour le poursuivre. D’autres affaires arrivent, car avec la condamnation de Charles Pasqua, cette autre patate chaude entre les mains de Jacques Chirac, on n’est pas au bout de nos surprises.
L’affaire Clear Stream n’a pas dit toutes ses vérités. Si M. De Vilpin est condamné, on ne peut jurer que dans la commission de cette infraction, son mentor ait été complètement ténu à l’écart… En Afrique et surtout dans la zone d’influence de la France, que peut-on attendre d’un homme de cette moralité ? Les Africains sont les seuls à n’avoir pas compris qu’en même temps que la moralité fout le camp en France, ils doivent prendre leurs destins politique et financier en main. Il y en a encore qui aspirent à être les gardiens des défunts réseaux Foccart. Ils continueront de laisser leurs conseillers français les opposer les uns aux autres, pour qu’ils s’entretuent. La Côte d’Ivoire a expérimenté ce côté hideux de la face de la France. Malgré cela, des hommes politiques qui prétendent présider aux destinées de ce pays, ont toujours le regard tourné vers l’ex- métropole, afin de recevoir les consignes d’usage. La question qui nous taraude est de savoir si ce sont ces républiques bananières d’Afrique qui ont contaminé la France ou si c’est le contraire qui s’est opéré ?
Enfin, avec le président Sarkozy, la moralité en France reçoit l’estocade. Nous croyions savoir que le fauteuil présidentiel méritait un tant soit peu, de la considération. Que nenni, au point qu’on est en droit de se demander si l’élection de Nicolas Sarkozy a été une bonne idée. A son arrivée au palais de l’Elysée, il nous fit penser à la fable de Jean de la Fontaine : la mouche et le cocher. M. le nouveau président est partout, bouscule tout, donne de petites tapes dans la main ou dans le dos de ses collègues. En clair, on a débarqué la plèbe au sommet de l’Etat. On n’a pas été surpris que le premier des français fasse l’objet d’un bras d’honneur de la part d’un simple citoyen à moins que ce ne soit le président « himself » qui le fasse. Un comportement de plouc au sommet de la grande France. Ses laudateurs le défendent bec et ongle, il y a même des voix ça et là en Afrique pour soutenir son style. Tout fout le camp avec le nouveau président. La première dame est une chanteuse. Madame Simone Gbagbo aurait été une chanteuse, que ne dirait-on pas sur la Côte d’Ivoire ? Suivez mon regard… En France, on ne dira rien. On n’est pas surpris de la manière dont le chef de l’Etat s’est marié presqu’à la sauvette. Cependant, on fait du bruit quand le fils de Sarkozy est pressenti pour être aux commandes de l’institution de la Défense. Et pourtant, tout concorde bien. L’opposition française ne fait pas mieux. En pleine campagne électorale des dernières présidentielles, on voit ressortir en filigrane, sur la place publique, les déboires conjugaux de la candidate socialiste. Il s’est trouvé que le concubin de celle-ci est le chef de file des socialistes. Cela fit désordre avec deux sons de cloches divergents. Tout fout le camp dans la moralité des français de l’Hexagone.
Dans ce pays, on sait donner des leçons, parce que les leçons et les idées sont confondues.
Traditionnellement, la France est le pays des grandes idées. Pour preuve, nous citerons les Droits de l’homme et le siècle des lumières. C’est dit-on, l’émanation des idées françaises.
Tout s’arrête là. Si l’on regarde de plus près, on verra qu’à l’ombre des lumières, l’esclavage continuait son cours et même un de ces philosophes avait touché les dividendes de ses actions dans l’entreprise de commerce d’esclaves.
En 2004, sous le président Chirac, les droits de l’homme ont disparu à l’hôtel Ivoire d’Abidjan. C’est aussi cela la France des grandes idées… Et voici que ce seul rempart qui restait à la France commence aussi à « foutre » le camp. On parle maintenant d’un débat concernant l’identité française. N’est-ce pas la preuve que même les idées aussi déménagent ?
(A suivre)
Dasso Zié.
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