La France … en république bananière ?
(suite et fin)
Au plan social, la France est-elle raciste ? La réponse peut être nuancée. Sur le plan idéel, c’est le pays des droits de l’homme, il n’y a rien à redire. Mais quand on entend un ministre socialiste déclarer que la France ne va pas ramasser toute la misère du monde, on se demande si elle peut déjà ramasser sa propre misère avant de faire face à celle du monde entier. Occupons-nous de nos propres immigrés un tant peu soit-il. La « jungle » a été détruite pour se donner bonne conscience, mais quand au-delà de la simple assistance donnée à des indigents, on se voit traiter comme un délinquant par la police, on se demande si au pays des idées, on les conçoit d’abord pour s’appliquer à soi-même ou si c’est seulement pour autrui. Ainsi, à Marseille, un militant de l’armée du salut a eu maille à partir avec une autorité de police pour avoir porté assistance à une personne dont le nom a une consonance nord-africaine. Il est poursuivi pour avoir fait entrer et héberger illégalement des étrangers en France. Peu importe si lui ne cherche qu’à porter assistance à un humain en détresse…
La nouvelle parade est maintenant de donner des vertus cardinales à ceux qui ont la velléité de devenir français. Cela s’adresse à ceux qui n’ont pas la culture française ; ce qui se comprend aisément. Cependant, notre premier choc se passa à la Défense où nous avons rencontré un français de France, bon teint, incapable de remplir un document de la sécurité sociale. Notre choc était d’autant plus grand que dans notre vision des choses, tous ceux qui sont nés en France vont à l’école obligatoirement jusqu’à seize ans. Et à cet âge, il nous semblait impossible qu’un adulte ne sache pas remplir un document administratif rédigé en Français. Mais au-delàs, la France se bat pour donner sa nationalité à des gens qui n’en veulent pas. Allez chercher un vieux Papou dans le fin fond de sa brousse, et demander lui où se trouve la France son pays… C’est édifiant ce genre de spectacle quand on a échoué sur tous les bords.
L’identité nationale française, l’expression magique. Que recouvre-t-elle au juste ? Y a-t-il un portrait robot de l’identité nationale version Lepen ou version Sarkozy ? Nous y voilà. Le roi Pétaud a décrété qu’il n’y a pas de place en France pour la burka. Peu avant son discours, un certain Eric Raoult, en mal de popularité se mit en spectacle pour inventer un droit de réserve tout aussi saugrenu que la manière de le dire à l’endroit de la lauréate du prix littéraire Goncourt. Il aurait été mieux et simple de dire que la sénégalaise qui a l’insigne honneur d’avoir été distinguée par le Goncourt se doit de se taire et garder son trophée. Motus cousu. Autrement dit, si l’écrivain qui est le porte- voix des sans voix, ne doit rien dire, qui le fera-t-il, M. Raoult ?
Le roi Pétaud, non content d’avoir donné un coup de pouce à son rejeton au mépris de la morale, vient de définir le sens qu’il donne à la liberté, individuelle et publique, pour ne pas dire collective. Déjà en Chiraquie, on croyait avoir touché le fond de la casserole, mais en Sarkozie, on est simplement estomaqué. On le voit venir quand il dit qu’il n’y a pas de place en France pour la burka. Le président croit qu’il est le seul homme à tracer les limites de la liberté, mais c’est une grossière erreur. La liberté exige que la femme qui veut porter sa burka en France, le fasse en connaissance de cause. En clair, la femme peut porter sa burka en France non pas par obligation mais par désir de liberté. Elle pourra l’enlever quand elle le veut et comme elle le veut. M. Sarkozy, c’est cela le sens de la liberté que nous a légué la culture française. N’en déplaise à ceux qui croient que Sarkozy est intouchable, ils se trompent lourdement, ou alors qu’on nous dise clairement que nous avons depuis longtemps entamé la république bananière des pays tempérés.
Dasso Zié.
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