Le raccourci de l’accès à la gloire.
Les apparences sont parfois trompeuses. Mieux, le commun des mortels ne comprend pas toujours le fonctionnement de la Providence. La raison ? C’est que nos certitudes ne concordent pas avec la lecture que celle-ci fait des évènements qui meublent notre temps et de surcroît, accompagnent nos actions. Pour s’en convaincre, il faut revisiter la légende biblique qui a opposé dans un combat, le géant Goliath au petit David.
Si le géant avait eu pour adversaire une force de la nature comme lui, c’est sûr qu’on ne fabriquerait pas une légende sur ce combat. Par la même occasion, si le jeune David avait eu en face de lui, un autre enfant de son âge avec les mêmes outils de bataille, personne à ce jour ne se souviendrait de cet affrontement…
Il y a des chemins lents, tortueux et difficiles qui mènent à la gloire. Par contre, d’autres plus simples voire prenant l’allure d’un jeu d’enfant, conduisent au triomphe et ce, pour longtemps au sommet de la gloire. C’est ce que nous réserve le tirage au sort du Cap, la semaine dernière. L’un des évènements qui marqueront à coup sûr l’année 2010, est la coupe du monde qui se jouera en Afrique du Sud. Dans l’histoire du football, c’est la première fois qu’une telle finale de coupe sera disputée sur le continent africain. Ainsi, tous ceux qui y participeront entreront dans l’Histoire par la grande porte.
Or, voici que près d’une dizaine de poules ont été reparties entre les finalistes à ce sport roi.
Certains pays comme la France sont tombés dans des groupes faciles et d’autres à l’image de la Côte d’Ivoire ont été tirés dans le groupe dit de la mort.
Selon toute probabilité, au regard des performances développées par chaque équipe, on peut apparemment dire que certaines sont plus chanceuses que d’autres. Mais la réalité est tout autre, car en sport, il n’y a pas de logique qui tienne. Ce qui importe, c’est le moral du moment et la détermination de chaque joueur évoluant sur le terrain.
Quand on considère le savoir-faire individuel, on doit se dire d’emblée que ceux qui évolueront sur l’aire de jeu seront tous des bipèdes. Et chacun se servira de ses atouts selon ses capacités physiques. Ainsi, il n’y a pas lieu de penser que des équipes vont aller à l’abattoir.
En ce qui concerne la Côte d’Ivoire, la Providence a mis une main salutaire sur elle dans ce tirage au sort apparemment défavorable à notre pays. Le président Laurent Gbagbo a fait un pronostic très sérieux. Même s’il ne se vérifie pas le jour « j », cette coupe laissera des traces indélébiles dans les annales du football mondial.
Soit l’équipe ivoirienne est de qualité médiocre, et elle tirera le spectacle vers le bas, soit elle se défendra de la première à la dernière minute des matchs, avec tout ce qu’elle a dans les tripes, et elle fera honneur à l’Afrique toute entière. Nous Africains, pouvons également l’emporter car la plupart de nos joueurs sont des internationaux qui évoluent dans des équipes habituées à ces compétitions. L’environnement de ces grandes messes du sport ne leur est pas étranger ; il n’y a donc pas d’émotion exagérée encore moins de complexe d’infériorité à développer…
Comme nous l’avons dit plus haut et avant nous, le président Laurent Gbagbo l’a brossé dans son judicieux pronostic, notre équipe a toutes ses chances si elle entre dans le match avec la détermination de gagner. Elle le peut si elle ne joue pas d’avance la partie mentalement en se disant qu’elle affronte la grande équipe du Brésil, moult fois championne du monde. Il est vrai qu’on n’accède pas à l’équipe nationale des Etats-Unis du Brésil comme à une équipe nationale d’un pays quelconque. Il faut d’abord franchir beaucoup d’obstacles avant d’être sélectionné, mais tout est une question de détermination personnelle avant tout.
Outre cela, la Côte d’Ivoire est déjà entrée dans la gloire par un raccourci inespéré. L’on nous dira que nous exagérons, mais au moment où un certain Cassius Clay devait croiser les gants contre le bagnard champion du monde en la personne de Sonny Liston, les avis de l’époque étaient les mêmes que ceux que les gens ont aujourd’hui avant le début de la coupe de 2010. Personne ne peut aujourd’hui parier à plus de 2 %, la possibilité d’une victoire ivoirienne. Dans un tel cas de figure, ce qui est attendu, ce n’est pas la performance des grandes vedettes, mais plutôt la volonté de vaincre du petit David face au géant Goliath.
Or, le fait de jouer contre les plus grands mettra déjà en lumière, toutes les individualités techniques de nos joueurs. Si les nôtres font jeu égal avec ces grands artistes du ballon rond, ce sera une victoire en soi. La devise des grandes compétions sportives dit-on, est d’y participer, mais le fait d’affronter les meilleurs n’est-il pas en réalité un raccourci vers la gloire quel que soit le résultat?
Julius Blawa Gueye.
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