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Crise ivoirienne :
DECLARATION EN REACTION A LA DECISION DU GIT DE DISSOUDRE L’ASSEMBLEE NATIONALE DE CÔTE D’IVOIRE
A l’issue de la 3ème réunion du GIT, qui a eu lieu le Dimanche 15 Janvier 2006, le communiqué final dudit groupe fait, entre décisions, état de la dissolution prochaine de l’Assemblée Nationale de Côte d’Ivoire. Compte tenu du caractère menaçant de cette décision pour les institutions républicaines de Côte d’Ivoire ainsi que pour le bon déroulement du processus de paix, voici la réaction du mouvement MIR :
Voici plus de trois ans, aujourd’hui que la Côte d’Ivoire est en proie à une crise aiguë qui la déchire en deux au niveau de sa géographie, menace ses institutions et de ce fait, met gravement en péril l’avenir de ce pays en tant que Nation souveraine.
De nombreux accords et résolutions ont ponctué cette crise, recherchant tant bien que mal des solutions de sortie de crise, un retour à la paix et à l’anormale, à travers la réunification du territoire, le redéploiement de l’administration et surtout la tenue prochaine du scrutin présidentiel. Malgré la position souvent très équivoque des différents acteurs de cette crise et de la Communauté Internationale, nous constatons que la population ivoirienne dans son ensemble est demeurée patiente, attentive et optimiste dans l’espoir de voir se concrétiser les perspectives de sortie de crise.
Or après avoir concédé bien des sacrifices, notamment, que les institutions ivoiriennes soient bafouées, au nom d’une recherche de solutions de paix et cela, bien malgré les préambules de ces accords et résolutions, qui réaffirment de façon ferme et absolue leur attachement au respect de la souveraineté, de l’indépendance et des institutions nationales, les ivoiriens constatent à présent que l’affront est poussé jusqu’à la remise en question (suppression ou au remodelage illégale et anti-constitutionnel), de l’un de ses principaux piliers institutionnels qu’est le parlement ou Assemblée Nationale. Partant de ce fait,
- ayant connaissance de la décision finale du GIT de dissoudre l’Assemblée Nationale, décision prise à l’issue de la 3ème réunion de groupe de travail,
- ayant connaissance de ce que le Conseil constitutionnel, saisi par le chef de l’Etat, s’était déjà prononcé pour le maintien de l’Assemblée Nationale,
- ayant connaissance que la résolution 1633 ainsi que les accords de Marcoussis dont s’inspire cette résolution, réaffirment tous deux leur ferme et absolu attachement à la souveraineté, à l’indépendance et au respect des institutions de la Côte d’Ivoire,
- ayant connaissance, enfin, que le rôle du GIT, énoncé dans la résolution 1633, ne se limitequ’à un rôle de contrôle et de soutien actions du Premier Ministre,
Le mouvement MIR demande instamment au GIT de cesser de perturber et de retarder le bon déroulement du processus de paix, en prenant des initiatives pour lesquelles il n’a pas mandat, et qui sont de nature à mettre gravement en danger le processus de sortie de crise, ainsi qu’une relative accalmie.
Nous demandons instamment au Président Laurent Gbagbo d’user de l’article 48 et des pouvoirs que lui confère cet article de la constitution pour proroger le mandat de l’Assemblée Nationale, et ce, afin de permettre au processus de paix d’aller à son terme, en vue de l’organisation des élections d’ Octobre 2006.
Enfin, nous rappelons à nos compatriotes ivoiriens que les ennemis de la démocratie sont loin d’avoir renoncé à leur projet de déstabilisation de la Côte d’Ivoire. Ce faisant, nous les appelons à beaucoup de vigilance et surtout à réagir rapidement pour dissuader tous desseins malveillants, allant à l’encontre de la souveraineté de la Côte d’Ivoire.