Jean Tony Oulaï : Une victime de trop de la justice française
Une réforme de l’institution judiciaire est en cours en France. Il s’agit précisément de dépoussiérer cette vieille maison judiciaire où le juge d’instruction est seul maître à bord pour conduire l’instruction qui selon son bon vouloir, peut conduire ou non un être humain dans les geôles françaises. Vivement que la collégialité sur la façon de conduire l’instruction, vienne remettre en cause l’attitude parfois désobligeante de certains magistrats instructeurs. Encore faut-il que les magistrats se débarrassent de leur esprit corporatiste ! Le cas du citoyen Jean Tony Oulaï en est une parfaite illustration.
Qui donc est Jean Tony Oulaï ? Que vient-il faire dans cette galère ?
Membre d’une tribu forte de plus de vingt huit enfants, Jean Tony Oulaï est l’un des rejetons de feu colonel Oulaï de l’armée ivoirienne. Formé aux Etats-Unis en qualité de pilote de chasse, il était au grade de capitaine de l’armée de l’air de Côte d’Ivoire quand ses pseudos ennuis judiciaires ont débuté en 2006. Aujourd’hui, quoiqu’emprisonné en France, il serait passé au grade de commandant. Cet officier de l’armée ivoirienne était de passage en France en provenance du Sénégal, suite à des vacances, à l’instar de tout travailleur fut-il de l’administration…
Le citoyen Jean Tony Oulaï s’est trouvé en France au mauvais moment et au mauvais endroit quand l’affaire de la disparition du journaliste franco-canadien Guy-André Kieffer a éclaté en Côte d’Ivoire.
Soupçonné puis arrêté en France, le citoyen Jean Tony Oulaï a été d’abord incarcéré à la prison de la rue de la Santé dans le XIIe arrondissement de Paris. C’était la préventive et pendant six mois, il est resté dans cette prison avant d’être Transféré à Fresnes (94) et enfin en 2007, à Fleury-Mérogis (91), toujours pour les besoins de l’enquête.
Depuis quatre ans, il est retenu inutilement en prison, parce que l’enquête n’a pas abouti et ne peut aboutir, son dossier étant vide. Il est accusé d’avoir assassiné Guy-André Kieffer dont le cadavre n’a pas encore été retrouvé.
Moult fois, il a appelé les officiels français à son secours, il a écrit plusieurs lettres au juge de liberté et de détention pour revoir son cas. Par presse interposée, il a supplié Monsieur Nicolas Sarkozy de se pencher sur sa situation en sa qualité de président de la république française, malheureusement, toutes ces démarches sont restées vaines. Son cri du cœur est tombé dans les oreilles de sourds. A l’ombre des lumières du pays des Droits de l’Homme, il a plusieurs fois vu décider la reconduite de son incarcération de prolongation en prolongation.
Dans un style, il est vrai décousu aux relents lyriques, Jean Tony Oulaï avec forces détails, a exposé toute la trame de sa tragédie entre les mains du juge d’instruction près le tribunal de Grande Instance de Paris. (voir les quotidiens : Le Temps n° 1930 du vendredi 2 octobre 2009, l’Intelligent d’Abidjan, n°1839 du 12 novembre 2009, Frat. Mat du 12 novembre 2009 n°13503).
Que lui reproche le juge Patrick Ramaël, pour ne pas le nommer ?
En effet, selon Jean Tony Oulaï, le juge Ramaël le maintient en prison pour les besoins de l’enquête, mais aussi et surtout pour garantir sa mise à la disposition de la justice. Le magistrat connaît certes son métier, donc nous ne pouvons le lui apprendre, mais ce qui paraît surréaliste est que le prisonnier, tant en Côte d’Ivoire qu’en France, n’a jamais tenté de se soustraire à la justice. Mieux encore, le sieur Oulaï dit être resté disponible à la justice en sa qualité d’officier militaire, mais surtout parce qu’il ne se reproche rien dans l’affaire Guy-André Kieffer.
Pour corroborer son innocence mise à mal, il dénonce une manipulation du juge Ramaël qui aurait voulu voir le sieur Oulaï, accuser la première dame de la république de Côte d’Ivoire contre sa libération. N’oublions pas que le couple présidentiel est soupçonné dans la disparition du journaliste franco-canadien suite à une enquête qu’il a diligentée et dont le président Gbagbo est le commanditaire. Curieuse façon de remercier un journaliste indépendant à qui on demande de faire une enquête…Soit Gbagbo a perdu la raison, ce qui est difficile à croire, soit le juge est bon pour un asile de fou ; ce qui est inimaginable.
Enfin Jean Tony Oulaï non seulement a, plusieurs fois dénoncé la manière très cavalière du juge d’instruction, mais l’a récusé et a même porté plainte contre lui. L’institution judiciaire n’a pas voulu faire droit à cette requête en y répondant par le silence. Même en supposant que le prisonnier Oulaï donne dans la démesure et la mythomanie, n’est-il pas possible qu’un seul homme politique, qu’un seul juge revoit de fond en comble, toutes les incohérences de l’enquête menée par le juge Ramaël ? Quand un accusé qui est déjà incarcéré récuse un magistrat, n’est-il pas de bon aloi d’examiner le motif par lui invoqué sur cette base ? N’y a-t-il pas une légitime suspicion dans la conduite de cette enquête qui veut sans preuve aucune, désigner un bouc émissaire politique comme le dindon d’une sinistre farce ? Pourquoi la justice française reste –t-elle aveugle à la collusion entre la partie civile, certains témoins fallacieux à charge et le juge d’instruction ?
Enfin, Tony Oulaï clame son innocence et affirme que Guy-André Kieffer n’est pas mort, mais se trouverait en Israël chez un de ses amis qui l’a fait exfiltrer de la Côte d’Ivoire après que dame Effoua Kieffer d’origine ghanéenne ait été assassinée. Pourquoi cette piste n’est-elle pas vérifiée ?
Que la justice soit lente est une chose, mais Jean Tony qui offre une garantie de rester à la disposition de la justice ne devrait plus croupir en prison dès lors qu’il est établi que son adresse n’a jamais changé en France.
N’est-ce pas de la même adresse qu’il a adressé un courrier au juge Ramaël pour dire qu’il refusait désormais de répondre à ses convocations intempestives, compte tenu de la méthode peu orthodoxe de mener cette enquête ? La politique et la justice sont deux domaines séparés à l’instar des trois pouvoirs dans l’Etat. A vouloir coûte que coûte faire accuser le couple présidentiel ivoirien (qui ne serait pas du goût de la France), ne conduit-il pas le juge d’instruction à se lancer sur une piste erronée pour la manifestation de la vérité ; à supposer que GAK soit effectivement mort ?
La libération, ne serait-ce que provisoire du citoyen Jean Tony Oulaï, s’impose et ne saurait souffrir d’un quelconque délai supplémentaire au nom du pays de la déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen ; si celle-ci n’est pas une pure vue de l’esprit.
Les réactions:
Nombre de visionnaires africains et asiatiques ont été emprisonnés pour la gloire de Dieu : Mandela, Martin Luther King, Jacob Zuma,Mahatma Gandhi et bien d'autres.
Le Commandant Tony Oulaï doit être tout simplement courageux! Et nous lui conseillons : ténacité, pugnacité et intépidité.
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